Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/08/2012

La retraite à 67 ans s'étend en Union européenne, dans le silence assourdissant des médias...

 En janvier 2011, je signalais sur ce blogue la volonté de l’Allemagne d’imposer à tous les pays de la zone euro, au nom de l’harmonisation européenne, le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 67 ans : cette information, passée quasiment inaperçue dans la grande presse et peu diffusée dans l’Opinion publique, faisait sourire mes collègues lorsque je l’évoquais dans la salle des profs. Même accueil incrédule dans les rues de Paris quand, avec quelques militants du Groupe d’Action Royaliste, nous distribuions des tracts dénonçant cet oukase allemand, un samedi de février 2011 !

 

Et pourtant ! En quelques mois, plusieurs pays de l’UE ont adopté ce relèvement de l’âge minimal légal de départ à la retraite, de l’Espagne à la Pologne… Et, en cet été 2012, c’est au tour des Pays-Bas d’accéder à la demande allemande, comme l’évoquait « Les échos » le 12 juillet dernier : « Suivant l’exemple de nombre de ses partenaires européens, les Pays-Bas ont entériné une réforme historique du système de retraite prévoyant l’allongement de deux ans de la cessation légale d’activité. Fixé à 65 ans depuis 1957, l’âge de la retraite des Néerlandais passera à 66 ans en 2019 et à 67 ans en 2023, selon la loi que vient d’adopter le Parlement de La Haye. »

 

Cette réforme s’est d’ailleurs faite malgré l’opposition syndicale et, comme l’écrit le quotidien économique, « au mépris des traditions du « modèle des polders » », ce qui en dit long sur les méthodes employées pour faire passer cette loi de régression sociale…

 

Ce qui surprend, c’est le silence en France sur cette « harmonisation européenne » en cours qui se fait au détriment des salariés : les syndicats n’en disent rien et même les partis de Gauche semblent ne prêter aucune attention à ce processus qui, pourtant, risque de toucher bientôt notre pays, piégé par un jeu européen qui lui échappe, au moins sur le plan social. Car la question d’un relèvement de l’âge de la retraite finira, et sans doute plus vite que l’on croit (avant la fin du quinquennat de M. Hollande ?), par se poser dans notre pays, comme le prédit régulièrement la presse d’Outre-Rhin. Déjà, à lire et écouter les médias et les pages économiques françaises, ce relèvement paraît inéluctable et certains économistes parlent, à propos du départ à la retraite à 62 ans en France (l’actuelle réforme en cours, votée sous la présidence de M. Sarkozy) d’une « exception française » ou, même et plus violemment, d’une « aberration » !

 

Je ne méconnais pas l’élévation de l’espérance de vie dans notre pays, mais je rappelle que celle-ci reste très inégale selon les métiers et qu’un cadre ou qu’un enseignant a environ une dizaine d’années de plus d’espérance de vie qu’un ouvrier… D’autre part, l’espérance de vie « en bonne santé », elle, ne cesse de diminuer dans notre pays et elle est aujourd’hui de 62 ans. Là encore, ce chiffre varie si l’on regarde les professions et l’on retrouve la même inégalité que pour la simple espérance de vie. Ce sont des éléments que l’Etat et les économistes ne peuvent négliger.

 

Cela veut-il dire que je suis opposé à ce que l’on travaille jusqu’à 67 ans et même au-delà, si on le souhaite personnellement ? Bien sûr que non ! Mais je suis opposé à ce que cette limite soit « obligatoire » pour tous et qu’elle prive des personnes fatiguées, ou plutôt usées, dès l’entrée dans la soixantaine (voire avant : considérez les personnes qui travaillent en usine ou dans le bâtiment, par exemple), d’un repos bien mérité et d’un temps « pour soi » qui, pour autant, n’est pas forcément économiquement improductif !

 

Cette question des retraites n’est pas close, et il faudra trouver des pistes nouvelles pour leur financement si l’on ne veut pas voir disparaître cette forme de solidarité financière intergénérationnelle. Mais les réformes, à faire et à venir, ne doivent pas oublier de prendre en compte les facteurs sociaux et tout simplement humains.

 

 

 

 

 

14/03/2011

La question des retraites n'est pas tranchée en Europe...

Le séisme qui a endeuillé le Japon a dissimulé, dans les médias déjà échaudés par les secousses d'un sondage dominical quelques jours auparavant, les discussions du conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro autour de ce fameux Pacte de compétitivité, désormais rebaptisé Pacte pour l'euro, et c'est fort dommage, pour de multiples raisons.

 

Ce qu'il en ressort pour l'heure, c'est que la sauvegarde d'une monnaie jadis présentée comme l'anti-crise par excellence (avant 2008) appelle de nouveaux sacrifices des populations européennes, particulièrement des 350 millions d'habitants des pays de l'eurozone et encore plus des pays du sud de l'Europe et de l'Irlande. « Pacte d'austérité » a dénoncé le Parti socialiste français, semblant oublier que les gouvernements socialistes européens ne se rebellaient guère contre les oukases des Marchés, de la Commission européenne ou du FMI. Ainsi, le gouvernement de M. Zapatero a récemment fait voter par les députés espagnols l'élévation de l'âge légal de la retraite à 67 ans, cette même limite d'âge minimale étant, il y a quelques jours encore, l'une des conditions posées par le gouvernement allemand pour accepter de mettre la main à la poche pour sauver les pays aujourd'hui en grande difficulté : c'était d'ailleurs l'un des points forts de ce fameux Pacte de compétitivité rebaptisé officiellement vendredi et qui était censé rassurer des Marchés de plus en plus avides mais de moins en moins acceptés par les Opinions publiques.

 

Bien sûr, il faut attendre le prochain Sommet européen du 25 mars pour savoir ce qu'il en sera exactement mais, dès maintenant, il faut « s'opposer et proposer », non par attitude dogmatique (ce qui serait néfaste et inopérant dans la situation économico-politique actuelle) mais par volonté positive de préserver la justice sociale nécessaire à la bonne santé de nos sociétés et de leurs peuples, et par souci de trouver des solutions satisfaisantes à une crise qui, d'économique, est de plus en plus sociale. Le chantier est immense et ne doit pas se limiter à quelques raccommodages d'un Système qui apparaît désormais, non pas à bout de souffle, mais de plus en plus inéquitable, par nature plus encore que par dérive...

 

S'opposer au relèvement de l'âge légal de la retraite à 67 ans pour tous les salariés de la zone euro ne signifie pas qu'il faille interdire, a contrario, la possibilité de travailler au-delà de l'âge légal quel qu'il soit pour ceux qui le souhaitent et s'en sentent la force, mais d'empêcher que tous soient obligés d'attendre cet âge de 67 ans pour se reposer d'une vie professionnelle parfois harassante et usante pour les corps comme pour les cerveaux... Combien de mes collègues professeurs, malgré des emplois du temps qui, grâce aux vacances scolaires répétées sur l'année, semblent fort « privilégiés » dans la gestion de leur temps, arrivent épuisés et démotivés à la soixantaine ? Et cette situation est d'autant plus facile à comprendre quand ces enseignants exercent leur métier dans des zones dites « difficiles » ou devant des publics plus consommateurs que motivés...

 

Il est d'ailleurs intéressant d'en discuter avec les élèves eux-mêmes qui, parfois, ressentent aussi douloureusement le vieillissement d'enseignants parfois complètement déconnectés de leur public scolaire, au risque même de détourner les élèves de tout intérêt pour l'école... Bien sûr, en ce domaine comme en d'autres, la nuance s'avère nécessaire et l'âge n'est pas forcément la raison du désintérêt scolaire mais c'est un élément qu'il serait dangereux de négliger...

 

De plus, il suffit de se promener certains jours d'hiver dans les rues de nos grandes villes pour y constater que le travail des ouvriers du bâtiment ou de la voirie peut être aussi particulièrement éreintant, ne serait-ce que par la rigueur de la météo... Cela se traduit d'ailleurs par une espérance de vie des ouvriers « de plein air » largement inférieure à celle des fonctionnaires « d'intérieur », comme le montrent à l'envi les études démographiques contemporaines.

 

Si le Pacte pour l'euro devait négliger ces données concrètes, l'Union européenne perdrait un peu plus de son crédit sans pour autant motiver les efforts nécessaires au redressement de l'économie de l'ensemble « eurozone » : elle apparaîtrait un peu plus encore comme cette « Europe punitive » qui « écrase les petits pour engraisser les gros » comme le disait au comptoir d'un bistrot rennais un conducteur de bus quadragénaire un peu dépité... Et derrière son dépit, j'ai senti cette colère qui monte fort et dont je crains que, si elle éclate désordonnée, elle n'emporte tout à la façon d'un tsunami... A moins qu'elle ne s'ordonne, dans une forme de « nouvelle chouannerie », autour d'idées fortes et simples sans être simplistes, autour de ce nécessaire « réveil du politique » qui est sans doute, selon le mot de Thierry Maulnier et par la Monarchie sociale, « la dernière chance de la Liberté »...

 

 

08/02/2011

Crier dans le désert ?

J’étais samedi midi dans les rues de Paris pour protester contre le risque (fort, et désormais avéré) de relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans, tracts du Groupe d’Action Royaliste en mains et paroles fortes dans la bouche pour alerter nos concitoyens. Je n’étais évidemment pas seul et quelques autres militants participaient à cette protestation de rue, bien décidés à se faire entendre, les jeunes femmes n’étant pas moins décidées que les « vieux » Camelots du Roi aux rides désormais bien prononcées… Si les uns sont plus proches de la cinquantaine que les autres, les inquiétudes sur les retraites futures sont pour tous ! Le sujet que nous évoquions n’est tout de même pas anodin, et il a de quoi inquiéter, au-delà même des royalistes !

 

Or, ce samedi-là, nous avons pu constater une certaine indifférence fataliste de la part des badauds qui jetaient un regard furtif sur nos affiches « Retraite à 67 ans ? Non ! », comme si tout était déjà fait, que l'on ne pouvait rien y faire, que ça ne servait à rien de se battre pour éviter cela...

 

D'autres, incrédules, haussaient les épaules : « Mais où êtes-vous aller chercher tout cela ? », et je leur montrais le titre de l'article du « Figaro », celui du 19 janvier dernier, si explicite : « Zone euro : Berlin souhaiterait généraliser la retraite à 67 ans ».

 

Il est vrai que cet article se trouvait dans les pages saumon du « Figaro économie » qui ne sont pas les plus lues du quotidien libéral, et qu'il a fallu attendre un deuxième article de Jean Quatremer, journaliste de « Libération », repris par le site de « Marianne », pour entendre enfin quelques réactions, encore bien timides au regard de l'enjeu... Mais les syndicats sont toujours muets, absents, comme tétanisés par leur défaite de l'automne dernier. Quant aux socialistes, ils sont plutôt gênés aux entournures, leur lointain candidat potentiel n'étant guère moins libéral que les députés socialistes allemands ou que les hiérarques de l'UMP. Et il est vrai aussi que le premier ministre socialiste espagnol a lui-même fait voter par ses parlementaires, ces derniers jours, le relèvement de l'âge légal de la retraite à... 67 ans, le même âge que celui que veut imposer le gouvernement allemand à toute la zone euro...

 

En attendant que les réactions se fassent plus vives et plus massives, plus « institutionnelles », c'est-à-dire plus politiciennes, je continue à dénoncer cette retraite à 67 ans que l'Allemagne nous promet par le biais de la « gouvernance européenne », au nom de « l'harmonisation européenne » et de la sauvegarde de la monnaie unique qui tourne à la « monnaie inique », au regard de l'injustice sociale qu'elle renforce scandaleusement, avec les meilleurs arguments économiques du monde, les pires au plan social...

 

Bien sûr, lorsque les colères syndicales, si longues à se réveiller en ce moment, éclateront, sans doute oubliera-t-on que les premiers à avoir crié dans la rue (et le désert...) contre la retraite à 67 ans étaient des royalistes, de ceux pour qui l'économie doit être au service des hommes plutôt que le contraire. Mais qu'importe ! Notre rôle n'est d'ailleurs pas seulement de chercher à réveiller, mais aussi de susciter, au-delà de la seule contestation, une forme nouvelle de chouannerie, éminemment sociale et profondément royale... Tâche difficile, mais pas forcément impossible : si les royalistes ne sont pas nombreux, ils n'en sont pas moins volontaires, sérieux et décidés à exister, à se faire entendre, à « oser rendre possible ce qui apparaît impossible »... Les « minorités énergiques » qu'appelait de ses vœux Maurras, en ses premières ardeurs royal-révolutionnaires des années 1900, restent à construire : elles ne suffiront pas forcément à faire l'histoire, mais elles peuvent jouer un rôle de déclencheur des changements et les orienter dans le sens d'une plus grande justice sociale, ce qui ne serait tout de même pas si mal...

 

En somme, de quoi ne pas regretter d’avoir crié quelques vingtaines de minutes à la sortie d’une bouche de métro parisienne…